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A visiter

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De forme polygonale, en pierre de taille, il est bâti sur une motte appelée « le Touroun », qui signifie : motte souvent fortifiée. Cette motte occupe ici une position idéale : elle regarde l’Espagne et la Navarre, elle domine le gave et sa vallée, elle surveille le vieux Pont fortifié, une source excellente jaillit à proximité… Nul doute, nos aïeux ont construit ici leur premier camp fortifié…

 Pour entrer il fallait tout d’abord gravir la puissante barbacane de pierre assise en haut de la rue Pléguignou, franchir le pont-levis articulé et la lourde porte de bois s’ouvrait, à condition de braver ses gardes redoutables, bien au chaud, près de la cheminée. Bien sûr cette petite tour avait sa chambre de manœuvre et sa bretèche de défense.

 Marguerite d’Angoulême, « la Marguerite des marguerites » comme l’appelait son frère François 1er, épouse d’Henri d’Albret, roi de Navarre et seigneur de Béarn, aurait peut-être écrit, en la cour de son château de Sauveterre, quelques pages de son Heptaméron…

 Le château privé ne peut se visiter. Si vous pouviez y entrer vous verriez ce que les guerres et le temps ont bien voulu nous laisser et retrouver ce qu’il était au temps de sa splendeur.

  Le mur Sud du château s’est en partie effondré dans le gave et ses murs intérieurs, parallèles aux murs extérieurs, ne sont plus : c’est dans l’intervalle qui séparait ces murs qu’étaient les logements. altLa cour centrale permettait leur communication. Le pan de mur qui demeure, avec ses grandes fenêtres s’ouvre sur le magnifique paysage des Pyrénées, du gave, du vieux pont…, il montre, à l’évidence, qu’étaient ici les appartements du vicomte. Au rez-de-chaussée, quatre fenêtres ébrasées, voici la chapelle. Au-dessus, une grande pièce avec ses trois fenêtres et, dans l’épaisseur du mur une cheminée et un évier : c’était la grande salle de réception du vicomte, le « tinel ». Un peu plus loin, le départ d’une voûte d’une cheminée aux briques enfumées, un évier : voici la cuisine.

Suivent, avec leurs cheminées, les logements des gardes

Dates marquantes :

 Gaston VII Moncade, vicomte de Béarn, a fait d’Orthez et Sauveterre ses deux places de guerre. Ce prince « moult vaillant aux armes », comme l’écrit Froissard, est mort dans son château de Sauveterre » en 1290.

 En l’an 1391, le mardi 1er août, ici est mort le très puissant Gaston Fébus, comte de Foix, seigneur de Béarn, vicomte de Marsan et de Gabardan. Chassant l’ours dans la forêt d’Orion, il est victime « d’un coup de sang ». Transporté en son château de Sauveterre, le notaire maître Arnaud d’Abadie enregistre son décès.

 En 1462 et 1463, le roi Louis XI est reçu magnifiquement par Gaston IV de Foix-Béarn et son épouse Eléonore de Navarre.

En 1569, le calvinisme gagne le Béarn. Les Basques catholiques, malgré leur promesse de ne point piller la ville, l’assiègent et celle-ci capitule. Sans pitié, ils saccagent la ville, et son château fierté des seigneurs de Béarn. Victime de cette guerre fratricide, il ne se relèvera jamais.

 

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Les fortifications de Sauveterre datent du 12è siècle.

La porte de Lester, sans pont-levis, s’ouvrait sur le quartier Pléguignou. Une élégante passerelle a remplacé l’arc ogival d’autrefois dont on peut remarquer encore les logements. Nul doute, une bretèche devait défendre cette entrée. Restent encore, quelques gonds de sa lourde porte de bois et, dans le mur très épais, les encoches recevant la barre de fermeture.

Montons la rue Pléguignou. A droite, voici la maison de « Jérémie Majendie, écuyer secrétaire du Roy…1708 ». Dans les murs, des portes ogivales se devinent. Le beau parc d’une belle et longue demeure abritait, peut-être, la chapelle Saint-Jean, en 1070. Cette rue était vivante autrefois avec ses tavernes, échoppes, ateliers d’artisans, places ombragées…

Au bout de la rue qu’elle prenait en enfilade, la Maison Forte surveillait la montée vers le château et les portes de Lester et du Datter. Le crépi actuel empêche de voir les ouvertures et les meurtrières.

 A votre gauche, voici la porte du Datter qui ouvrait la cité vers l’Ouest. D’une ogive très pure, elle possède encore dans ses murs les logements des gonds et les encoches qui recevaient la barre de fermeture de cette lourde porte. Un pont-levis franchissait le fossé. Une bretèche devait le défendre. Il a été remplacé plus tard par le « pont de Claquepaà ».

  La tour voisine, qui a fait fonction par la suite d’Arsenal, où l’on entreposait les armes durant les guerres de religion a été bâtie aux alentours des XaltIIe-XIIIe siècles. Elle est rectangulaire. Son toit est intérieur. Remarquez la naissance de ses créneaux, son chemin de ronde ; sur cette tour et sur le mur qui la prolonge, les portes et les trous qui recevaient les hourds de défense ; les meurtrières à double ébrasement, système qui fera école deux siècles plus tard, nous dit Raymond Ritter. Des habitations prennent appui contre ce mur qui devait se prolonger jusqu’au mur Sud de fortification. Côté ouest c’est un bien beau jardin qui remplace maintenant le fossé aux croupissantes eaux…

 

altCet espace est classé Espace Naturel Sensible grâce à sa végétation exceptionnelle.

Glère en béarnais, signifie gravier. Un parcours pédagogique est proposé.

 Vous trouverez l’immense peuplier noir qui peut vivre 300 ans et altle buis très abondant, les galets de calcaire, d’ophite, de grés, de granit venus des vallées d’Aspe, d’Ossau, et du Barétous.

 Vous passez devant les restes d’une des piles du pont de la Réclusy le pont des Reclus qui permettait de rejoindre sur la rive gauche le quartier d’Oreyte au lieu dit « La Justice », où les criminels se balançaient aux hideuses fourches patibulaires. Les tabliers de bois de ce pont reposaient sur deux piles de pierre.

altCe pont fortifié est dit  "Pont de la Légende" depuis qu'en 1170, la reine Sancie veuve de Gaston V, vicomte de Béarn, est accusée, par la rumeur publique, d’avoir tué son enfant nouveau-né.

Elle nie ce crime abominable. Où est la vérité ? Elle subit le jugement de Dieu par l’eau. Elle est conduite sur le pont en robe blanche, les pieds et les mains liés. Devant trois mille personnes, elle est jetée dans l’eau… Un grand cri ! Elle disparaît… mais le courant la pousse doucement sur la rive à « trois portées de flèches ». Sancie est vivante, Sancie est innocente !

Ceci est une légende, mais Gaston VII Moncade va fortifier ce pont. Il le bâtit avec sa tour couverte et son escalier à vis, son arche de pierre. On peut remarquer la chambre des gardes, les trous carrés qui reçoivent les solives du hourd ou bretèche de défense.  Deux tabliers de bois sur pile de pierre prolongeaient le pont. Sur la.  Jusqu’au XIVe siècle il n’y avait pas de pont-levis lié aux portes. Puis vient Gaston III de Foix-Béarn, Gaston Fébus, qui fait installer le pont-levis comme le  montrent les deux corbeaux situés sur la face avant. La chambre des gardes devient chambre de manœuvre.

Le pont de la Légende fut d’abord appelé « Pont Mayor », puis « Pont de l’Hôpital », car il débouchait près de l’hôpital des pèlerins de Saint-Jacques. Ce pont participait d'un système de trois ponts qui permettaient de rejoindre la rive Sud du gave au quartier Oreyte.

Pour le rejoindre on traversait selon les siècles, l’île de la Glère par un pont sur pilotis, ou un chemin étroit surélevé puis le Pont de la Réclusy.

Ceci permit à Sauveterre d'être un passage obligé pour les visiteurs et marchands reliant la France àl'Espagne.

Le pont de la Légende a été classé monument historique en 1886.

Neil